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15.09.2019

Le Pr Frausher collabore un mois avec le CHU de Grenoble grâce à la Chaire CIC !

La chercheuse clinicienne nous parle de ses travaux sur l'épilepsie.

Grâce à la Chaire CIC, le Pr Birgit Frausher qui travaille à Montreal séjourne un mois en France pour collaborer avec le Pr Kahane au CHU de Grenoble.

Elle nous parle de son parcours !

1. - Quel est votre métier?

Je suis chercheure clinicienne spécialisée en neurophysiologie de l’épilepsie et du sommeil.

 2. - Dans quelle structure et dans quelle ville travaillez-vous?

Je travaille comme épileptologue et professeure agrégée en neurologie à l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal, associé à l’Université McGill.

 3. - Quel est le sujet de vos recherches ?

Les travaux de mon laboratoire à McGill portent principalement sur (i) la recherche de nouveaux marqueurs électrophysiologiques de la zone épileptogène qui seraient indépendants des crises afin de mieux diagnostiquer l’épilepsie, (ii) l’interaction entre le sommeil et l’épilepsie, et (iii) le recours à l’électroencéphalographie (EEG) intracrânienne pour étudier la physiologie du cerveau à l’éveil et en sommeil avec l’objectif de mieux définir la frontière entre l’activité EEG intracrânienne normale et pathologique.

 4. - Comment est constituée votre équipe ?

L’Institut et hôpital neurologiques de Montréal (INM) est une institution reconnue mondialement pour l’étude et le traitement de l’épilepsie. Au cours des dernières décennies, les travaux menés à l’INM ont donné lieu à des avancées majeures dans les techniques de diagnostic, ce qui a aussi permis une meilleure compréhension des mécanismes de l’épilepsie et de son évolution. Ces travaux couvrent entre autres la neurophysiologie clinique et expérimentale incluant l’EEG intracrânienne, l’imagerie structurelle et fonctionnelle, les sciences cognitives et la neurogénétique. Mon laboratoire se spécialise en neurophysiologie clinique et expérimentale utilisant l’EEG intracrânienne, la polysomnographie et l’EEG de haute résolution. L’équipe de mon laboratoire est multidisciplinaire et comprend des épileptologues, ingénieurs, neuropsychologues et étudiants en neurosciences provenant de divers coins du monde.

 5. - Décrivez une journée type ?

Tous les jours sont différents, ce qui est très stimulant! Je partage mon temps entre la clinique d’épilepsie et la recherche. En tant qu’épileptologue, je fais la lecture et l’interprétation des EEG de surface (scalp) et intracrânien. Enfin, je m’occupe des patients épileptiques hospitalisés à notre unité de surveillance d’épilepsie (vidéo-télémétrie) ainsi que les patients suivis dans notre clinique externe afin d’identifier le foyer épileptique et ultimement pouvoir leur offrir une solution chirurgicale pour leur épilepsie. En tant que chercheure, je partage mon temps entre le développement de projets de recherche, l’organisation de projets collaboratifs et la supervision des étudiants de mon laboratoire.

 6.- Comment ces recherches peuvent-elles améliorer les soins aujourd’hui, ou dans un avenir plus lointain ?

Depuis ces dernières années, l’avancement des méthodes de calcul et le développement de l’intelligence artificielle permettent la mise en place de nouvelles techniques uniques qui peuvent être utilisées en clinique. La neurophysiologie est le domaine idéal pour profiter de ces applications, particulièrement grâce aux big data qui proviennent d’un effort commun entre les cliniciens et les informaticiens et ingénieurs scientifiques.

 7. - Quel est votre rêve ? Que souhaitez vous découvrir ?

Mon rêve ultime est de révolutionner le traitement des épilepsies pharmaco-résistantes en développant de nouvelles approches pour le diagnostic de l’épilepsie, notamment des investigations neurophysiologiques plus précises, moins invasives et moins risquées avec un enregistrement idéalement d’une seule heure, sans nécessité d’observer une crise. Normalement, l’investigation pré-chirurgicale dure plusieurs jours, et jusqu’à 20% des patients ont besoin des électrodes en profondeur; de ce nombre, seulement la moitié ne présentent plus de crises après l’intervention chirurgicale. Il est donc très important de faire des recherches pour mieux identifier la zone épileptogène et ainsi augmenter les chances de guérir l’épilepsie.

 

Merci pour ces réponses et bienvenue à Grenoble !

 








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