Article


30.05.2020

Santé mentale, dix priorités pour un plan national

La fondation Neurodis est membre du Conseil Français du Cerveau !

Le Conseil Français du Cerveau est une association 1901 dont le but est de promouvoir la recherche sur le système nerveux central et ses maladies, et d’améliorer la prise en charge et la qualité de vie des patients. Cette association a été fondée par des sociétés savantes de neurosciences, de neurologie et de psychiatrie et vise à fédérer également les associations de malades et familles de malades, et à développer des liens avec les acteurs privés de la recherche et du traitement des pathologies. Elle est présidée par le Pr François Mauguière, professeur de neurologie, Président de la Fédération Internationale de Neurophysiologie Clinique (International Federation of Clinical Neurophysiology (IFCN) de 2002 à 2006, président de la Société Française de Neurophysiologie Clinique, et créateur de la fondation Neurodis en 2007.

En coordination avec les conseils nationaux belge, espagnol et serbe, le FBC a proposé de lancer une enquête sur l'état actuel des soins aux patients souffrant de maladies cérébrales et dont les résultats ont été présentés en mai 2019.

Les Conseils Nationaux du Cerveau de 17 pays européens ont participé à cette enquête. Les dix priorités approuvées à l’issue de cette consultation sont les suivantes :

  1. Augmenter le budget dévolu à la recherche fondamentale et clinique, en particulier sur les maladies psychiatriques.

  2. Améliorer la détection, la prévention et le traitement des maladies du Cerveau, en particulier les maladies psychiatriques faciliter l’accès aux unités de soins dédiées à la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux et homogénéiser entre les régions la qualité de la prévention et du traitement précoce

  3. Réduire le délai du diagnostic des maladies du Cerveau en particulier grâce au développement des ‘bio-marqueurs’ indispensables pour l’évaluation clinique des traitements innovants dès les stades précoces des maladies neuro-dégénératives.

  4. Développer des programmes multidisciplinaires de soins à domicile et de réadaptation et augmenter le financement des autorités en charge de leur mise en application.

  5. Faciliter la collaboration entre médecins généralistes, neurologues, psychiatres, psychologues, gériatres et personnels infirmiers et paramédicaux.

  6. Impliquer les associations de patients dans la coordination des soins des maladies du Cerveau.

  7. Développer et diffuser les recommandations basées sur les évidences scientifiques et une politique socialement responsable fondée sur les essais cliniques en cours et la recherche fondamentale.

  8. Promouvoir les programmes de recherche translationnels dont le bénéfice pour les patients est clairement défini et en évaluer les résultats en termes de qualité de vie et de vieillissement ‘en bonne santé’ de la population générale.

  9. Faciliter l’accès des patients aux technologies innovantes et aux traitements modificateurs des maladies en réduisant les délais d’approbation de leur remboursement par les systèmes d’assurance maladie.

  10. Augmenter les efforts d’éducation sur les technologies innovantes : médecine digitale, bio-ingénierie, criblage génomique…

 

Pour la première fois en Europe, 17 Conseils Nationaux du Cerveau ont donc adopté un cadre commun pour soutenir la cause du Cerveau et de ses Maladies auprès des décideurs politiques et des autorités de Santé de chacune des nations ayant participé à cette enquête. Le Conseil Français du Cerveau participe aux efforts pour faire approuver ces recommandations par l’ensemble des états membres de la Communauté Européenne. D’ores et déjà ce consensus aura un impact très significatif en raison du nombre des Conseils Nationaux qui se sont engagés à le soutenir.


Le FBC a soutenu les déclarations suivantes sur l'état actuel des soins pour le cerveau et les maladies mentales en France :

• la détection et prévention des maladies neuropsychiatriques doivent être améliorées

• le délai de diagnostic des troubles psychiatriques est trop long

• l'impact des troubles du sommeil sur la santé mondiale et sur le risque de maladies neurodégénératives doit être souligné. Les taux de diagnostic devraient être améliorés aux premiers stades des troubles neurocognitifs;

• le financement des programmes multidisciplinaires intégrés de soins à domicile et de réadaptation est globalement déficient. Des supports de post-diagnostic pour optimiser la qualité de vie et fournir une dynamique de prévention secondaire sont nécessaires. L'accès aux directives avancées et aux essais cliniques devrait être amélioré;

• les accidents vasculaires cérébraux, la maladie d'Alzheimer, la sclérose en plaques et la maladie de Parkinson ont été privilégiés en France, mais l'épilepsie, les maux de tête et les troubles du sommeil devraient être inclus dans la liste des priorités pour lesquelles les ressources allouées sont actuellement insuffisantes. Les maladies psychiatriques n'étaient pas suffisamment considérées comme une priorité sanitaire. Le terme maladies psychiatriques a été jugé trop générique pour qualifier de nombreuses maladies spécifiques et importantes telles que la dépression, la schizophrénie, les troubles obsessionnels compulsifs, l'autisme. . . Ils touchent en effet 38% de la population, représentant la première cause de DALYS (20%);

• des centres ou réseaux nationaux ont été créés pour améliorer l'état des soins pour les accidents vasculaires cérébraux, la maladie d'Alzheimer et les maladies rares. Une cohorte nationale de patients atteints de sclérose en plaques a été lancée en 2012. De telles initiatives devraient être entreprises et fondées pour d'autres maladies fréquentes telles que la schizophrénie, le trouble bipolaire, les troubles obsessionnels compulsifs, l'autisme, les troubles du sommeil, l'épilepsie;

• des efforts devraient être mis en place pour favoriser la collaboration entre le personnel médical (médecins généralistes, neurologues et psychiatres) et le personnel paramédical (généralistes, infirmières et autres assistants qualifiés) pour la prise en charge des patients;

• l'accès aux traitements pharmacologiques devrait être facilité après une évaluation fondée sur des preuves de leur efficacité;

• en ce qui concerne les défis de la recherche sur le cerveau et les maladies mentales: le développement de la recherche translationnelle sur le cerveau, l'amélioration de l'éducation aux technologies innovantes et l'augmentation du budget pour la recherche en psychiatrie devraient être classées comme premières priorités;

• la FBC propose que le terme «plan pour le cerveau et la santé mentale» soit préféré à celui de «plan pour le cerveau» pour élaborer le plan à venir aux niveaux national et européen.

 

Article à télécharger en bas de page

Pour en savoir plus : conseilfrancaisducerveau.org






Fichiers :

FJP__Mauguie__re__EBC_.pdf731 K

<- retour vers Liste des actualités


Appel à projets 2020 en cours !

Pour qui ? Combien ? Quand ? [...]


On avance sur la narcolepsie avec la Chaire CIC !

La fondation a pu soutenir les travaux du Pr Karen Spruyt (CRNL, Inserm) [...]


Report des manifestations 2020

Face au contexte de pandémie, la réorganisation est de mise ![...]