Article


03.07.2017

ZOOM SUR : Emmanuel Procyk - Directeur de recherche à Lyon

Votre équipe Neurodis a rencontré pour vous Emmanuel Procyk, chercheur du réseau Neurodis et très impliqué dans la Fondation. Voilà ce qu’il nous a expliqué sur son métier au quotidien, le rôle de la Fondation Neurodis et ses rêves de chercheur !

 

Fondation Neurodis : Bonjour, pouvez-vous vous présenter ?

Emmanuel Procyk : Je m’appelle Emmanuel Procyk. Je suis directeur de recherche au CNRS[1] et je dirige une équipe INSERM[2] à l’Institut Cellule Souche et Cerveau, à Lyon.

F. Neurodis : Quel est le sujet de vos recherches ?

E. Procyk : C’est assez vaste. On s’intéresse surtout à comprendre comment le cerveau permet d’organiser les comportements complexes. C’est à dire comment on apprend à prendre des décisions adaptées, à partir de nos succès et de nos erreurs, dans des environnements qui sont en général changeants, avec beaucoup d’incertitudes. Notre objectif est de comprendre comment les différents réseaux du cerveau construisent ces comportements adaptés.

F. Neurodis : Dans quelle structure travaillez-vous ?

E. Procyk : On est ici dans un institut de recherche, dans un laboratoire INSERM de la région Rhône-Alpes. C’est un institut dans lequel il y a plusieurs équipes de recherche, dont la mienne, et qui est multidisciplinaire. C’est à dire qu’il y a des gens qui travaillent sur les cellules souches[3] et d’autres comme nous qui travaillons sur les systèmes intégrés chez les primates [dont l’Homme fait partie]. On va donc de la cellule jusqu’au cerveau en comportement.

F. Neurodis : Comment est constituée votre équipe ?

E. Procyk : C’est une petite équipe, mais c’est un format assez traditionnel dans lequel il y a 2 chercheurs statutaires, moi-même et ma collègue, Céline Amiez, des jeunes chercheurs post-doctorants et doctorants et une ingénieure de recherche qui vient de nous rejoindre. Nous sommes 8 personnes au total.

F. Neurodis : Pouvez-vous nous décrire une journée type ?

E. Procyk : Difficilement ! Le métier de chercheur est très changeant. Maintenant que je dirige la recherche, je suis beaucoup devant mon ordinateur à écrire des demandes de contrats (pour obtenir des financements*) et des articles scientifiques, à analyser des données d’expériences, ou à rechercher dans la littérature scientifique. C’est très variable d’un jour à l’autre selon les expériences [en cours], on a aussi beaucoup de réunions scientifiques intra-équipe et inter-équipe, on va dans d’autres laboratoires pour rencontrer d’autres chercheurs…

 F. Neurodis : En terme d’horaires aussi ?

E. Procyk : En terme d’horaires oui, du matin jusqu’au soir ! Voir la nuit, parfois (selon les nécessités de certaines expériences*).

 F. Neurodis : Comment vos recherches peuvent-elles améliorer les soins aujourd’hui, ou dans un avenir plus lointain ?

E. Procyk : Nous faisons de la recherche fondamentale. Ce qu’il faut comprendre c’est que dans la recherche fondamentale les échelles de temps sont très longues par rapport à une recherche qu’on dirait appliquée, qui cela dit se base aussi sur les recherches fondamentales. On essaie de comprendre comment fonctionne le cerveau pour donner des informations pertinentes et pouvoir développer de nouvelles thérapies. Il faut penser que cette recherche peut aboutir à des choses concrètes pour le patient dans 10 ou 20 ans. C’est incertain mais c’est nécessaire pour construire le corpus[4] de connaissances qui va permettre de travailler avec les patients.

 F. Neurodis : Qu’est-ce que la Fondation Neurodis a apporté dans votre travail ?

E. Procyk : Elle a beaucoup apporté. Il y a longtemps, en 2010, la Fondation Neurodis m’a permis de recruter de jeunes chercheurs qui sont maintenant dans l’équipe. Céline Amiez était candidate et a obtenu un financement de la Fondation Neurodis pour s’intégrer dans l’équipe, elle venait de l’étranger. Elle est restée (à la fin de son contrat Neurodis de 3 ans*), elle est maintenant chargée de recherche au CNRS. Et puis j’ai un autre chercheur qui a aussi été financé par la Fondation Neurodis. Charles Wilson (qui vient aussi de l’étranger*), c’est le recrutement le plus récent, il est en train de passer les concours du CNRS et de l’Inserm pour rester en France et pouvoir travailler en région Auvergne-Rhône-Alpes. Ces financements ont aussi permis de financer leurs recherches.

 F. Neurodis : Quel est votre rêve ? Qu’est-ce que vous aimeriez découvrir ?

E. Procyk : Rire - Pleins de choses ! Dans mon domaine, on est tous très attiré par la possibilité de trouver une théorie générale de fonctionnement du cerveau, un peu comme les physiciens ont des théories fondamentales sur le fonctionnement de l’univers, sur la structure de l’univers ! On en est là en neurosciences. Si on avait cette connaissance du fonctionnement général du cerveau, ce serait extraordinaire ! On pourrait, en plus, mieux comprendre les pathologies et probablement mieux les traiter. C’est cela que l’on cherche, c’est notre graal : « l’équation générale » qui nous permettrait de comprendre le fonctionnement du cerveau !

F. Neurodis : Merci beaucoup Emmanuel Procyk !

 

Interview réalisée le 21 avril 2017


[1] CNRS : Centre Nationale de la Recherche Scientifique

[2] INSERM : Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale

Note : le CNRS et l’INSERM travaillent conjointement en neurosciences avec de nombreuses équipes communes.

[3] Cellule souche : en biologie cellulaire, une cellule souche est une cellule indifférenciée capable, à la fois, de générer des cellules spécialisées (peau, neurone, muscle…) par différenciation cellulaire et de se maintenir dans l'organisme à l’état indifférencié.

[4] Corpus : ensemble de documents relatifs à une discipline, regroupés dans une optique précise. Ici, on parle d’un ensemble de connaissances.

*notes de la rédactrice








<- retour vers Liste des actualités


Maladie de Parkinson : le point sur les traitements qui avancent !

Suite à la journée mondiale de la maladie de Parkinson, nous avons pu échanger avec le Pr Stéphane Thobois, neurologue et membre du Comité E[...]


Conférence AVC à St Etienne

Rendez - vous le 7 juin à 18h30 ! (conférence gratuite sur inscription) [...]


Nouveaux regards sur l'autisme

Conférences grand public interactives : Mardi 23 mai 2017 de 18h30 à 20h30 dans le Grand Amphithéâtre de l'Université de Lyon - 90 rue Paste[...]