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02.10.2017

Zoom sur Prisca Bauer, chercheuse à Lyon

Votre équipe Neurodis a rencontré pour vous Prisca Bauer, chercheuse à Lyon, dont le travail s'appuie notamment sur la plateforme des Signaux Intracérébraux de l’Institut CESAME. Voilà ce qu’elle nous a expliqué sur son métier au quotidien, le rôle de la Fondation Neurodis et ses rêves de chercheuse !

 

Neurodis : Quel est votre métier ?

Prisca Bauer : Je suis chercheuse post-doctorante et médecin.

 

Neurodis : Dans quelle ville travaillez vous ?

Prisca Bauer : Je travaille à Lyon.

 

Neurodis : Dans quelle structure travaillez vous ?

Prisca Bauer : Je travaille dans le Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon, un institut de recherche de l'INSERM, le CRNS et des Universités de Lyon/Saint-Etienne. Je collabore étroitement avec les Neurologues des Hospices Civils de Lyon et du CHU de Grenoble.

 

Neurodis : Quel est le sujet de vos recherches ?

Prisca Bauer : J'étudie les effets de la méditation et de l'hypnose sur le cerveau et j'essaie de comprendre les mécanismes cérébraux qui sous-tendent leurs effets sur certaines maladies comme la dépression et le stress. Grace à une bourse Marie Sklodowska-Curie de l'Union Européen, je peux me consacrer à cette étude pendant les deux prochaines années.

 

Neurodis : Comment est constituée votre équipe ?

Prisca Bauer : Je travaille dans l'équipe "Dynamique Cérébrale et Cognition" dirigée par Olivier BERTRAND. Je suis dans le groupe d'Antoine LUTZ, un des chercheurs permanents de cette équipe. Son groupe est composé de 4 post-docs (dont moi), 3 étudiants en thèse (doctorants), 3 assistants de recherche et, suivant la période de l'année, plusieurs stagiaires en master.

 

Neurodis : Décrivez une journée type ?

Prisca Bauer : Aucune journée ne se ressemble ! C'est un des aspects de la recherche que j'apprécie beaucoup. Les activités varient selon la phase de la recherche: pendant la phase de planification, je passe beaucoup de temps à lire des rapports de recherches similaires qui ont déjà été faites pour avoir des idées pour ensuite écrire des propositions de recherches ainsi que des protocoles. Une fois ceux-ci approuvés, je commence à recueillir des données. Dans mon cas, je fais passer des tests à des volontaires, souvent plusieurs dizaines, et pour mon expérience actuelle même une centaine.

Après le recueil de données, il faut tout organiser et analyser, ce qui peut prendre plusieurs mois, voir même un an ou plus et ensuite écrire les résultats dans un rapport de recherche (article ou publication).  Généralement, j'arrive au labo vers 8h45, et je rentre vers 17h30 ou 18h00. Mes journées sont remplies avec les activités de recherche (lecture, recueil et analyse de données, écriture de protocole, rapport), les réunions et les taches administratives.

 

 

Neurodis : Comment ces recherches peuvent-elles améliorer les soins aujourd’hui, ou dans un avenir plus lointain ?

Prisca Bauer : L'hypnose et la méditation sont des techniques qui sont de plus en plus utilisés pour réduire le stress et l'anxiété et améliorer la qualité de vie, aussi bien dans le monde hospitalier que dans la société. A ce jour, les mécanismes cérébraux qui sous-tendent les effets bénéfiques de ces techniques ne sont pas bien connus, ni les similitudes et différences entre ces deux techniques.

Mon projet de recherche contribuera à mieux comprendre ce qui se passe dans le cerveau lors de la pratique de ces techniques, par exemple, quelles région du cerveau sont impliquées. Ces connaissances pourront aider à mieux cibler ces techniques pour des problèmes spécifiques, et nous apprendre plus sur des fonctions cérébrales fondamentales telles que la conscience et la conscience de soi.

 

Neurodis : Qu’est-ce que la Fondation Neurodis a apporté dans votre travail ?

Prisca Bauer : L'étude que je fais sur l'hypnose et la méditation s'appuiera également sur des signaux intracérébraux humains, grâce à la plateforme des Signaux Intracérébraux de l’Institut CESAME géré par la Fondation Neurodis.  L'expérience avec des courtes séances de méditation et d'hypnose sera proposée à des patients épileptiques pendant qu'ils ont des électrodes spéciales intra-cérébrales. Le but principal des électrodes intra-cérébrales est de localiser très précisément d'où viennent leurs crises épileptiques, mais ces électrodes offrent également une opportunité très rare de mesurer l'activité de régions profondes dans le cerveau, auxquelles on a pas accès avec d'autres techniques telles que l'électro-encephalographie de surface. Mais on soupçonne que c'est justement dans ces régions profondes qu'il y a des changements d'activité importants pendant la méditation et l'hypnose! C'est donc un très grand privilège d'avoir accès à cette plateforme, c'était d'ailleurs un des facteurs qui m'ont fait décider de venir travailler à Lyon.

 

Neurodis : Quel est votre rêve ? Que souhaitez vous découvrir ?

Prisca Bauer : Mon rêve est d'aider les autres, de réduire la souffrance - comme médecin ainsi que chercheur.  J'aimerai comprendre comment on peut souffrir moins et être plus heureux, aussi bien quand on est malade que quand on est en bonne santé. L'aspect mental semble très important, même quand il s'agit de maladies physiques. Il y a par exemple des études qui montrent qu'une pratique régulière de la méditation peut influencer le système immunitaire - mais comment?

À l'avenir, j'aimerai continuer de travailler sur cette thématique et approfondir d'avantage le lien entre l'esprit et le corps, ainsi les questions fondamentales sur la conscience.

 

Merci beaucoup pour ces réponses, Prisca !

 

 








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