La recherche avance : Mieux comprendre la physiopathologie de la maladie de Parkinson


Mieux comprendre la physiopathologie de la maladie de Parkinson

En France, la maladie de Parkinson concerne environ 150 000 personnes, avec 8 000 nouveaux cas chaque année. Elle est l’atteinte neurodégénérative la plus répandue après la maladie d’Alzheimer et constitue la 2ème cause de handicap moteur chez l’adulte après les accidents vasculaires cérébraux. C’est donc un enjeu majeur de santé publique. 

Cette pathologie est causée par une dégénérescence progressive et irréversible du système dopaminergique. Lorsque cette dégénérescence dépasse un certain seuil, les patients parkinsoniens développent des signes moteurs tels que la rigidité, l’akinésie (impossibilité d’initier des mouvements) et la bradykinésie (ralentissement des mouvements), le tremblement de repos ou encore une instabilité posturale. Les patients peuvent également présenter des symptômes non moteurs tels que la dépression, l’anxiété ou encore des troubles du sommeil.

L’apparition des symptômes moteurs amène à la consultation et à la mise en place d’un traitement répété à la Levodopa (L-DOPA) - le précurseur naturel de la dopamine - afin de compenser la perte dopaminergique et contrecarrer l’expression des symptômes. Au cours des premières années de traitement, les patients ont une bonne réponse à la L-DOPA, ce qui induit une nette amélioration de leur qualité de vie. Cependant, après plusieurs années, la majorité des patients vont développer des complications motrices induites par le traitement lui-même. Parmi ces complications figurent les mouvements anormaux involontaires appelés dyskinésies. Les patients peuvent également développer des complications non-motrices telles que des troubles de l’humeur, des désordres comportementaux ou des hallucinations. Tous ces effets indésirables associés à la dopathérapie entraînent une invalidité sévère et affectent la qualité de vie.  

Outre la dégénérescence dopaminergique, divers travaux menés à la fois sur des modèles animaux de la maladie de Parkinson et chez des patients parkinsoniens ont montré qu’un autre système neuronal – le système sérotoninergique – est également atteint au cours de la maladie. Il n’a cependant pas encore été établi de lien causal entre la perte sérotoninergique et l’expression et/ou la sévérité des symptômes parkinsoniens. 

La recherche de ce lien causal constitue précisément l’objet du travail de thèse de Maude Beaudoin-Gobert sous la direction de Véronique Sgambato-Faure dans l’équipe « Physiopathologie des ganglions de la base » dirigée par Léon Tremblay au Centre de Neuroscience Cognitive de Bron. Les travaux réalisés ont permis le développement d’un modèle animal préclinique unique afin d’étudier précisément l’implication du système sérotoninergique dans l’expression et/ou la sévérité des symptômes parkinsoniens moteurs et non-moteurs ainsi que dans la réponse au traitement à la L-DOPA. Les résultats obtenus indiquent que le système sérotoninergique joue un rôle critique et délétère dans la réponse au traitement à la L-DOPA. En effet, une atteinte de ce système, en plus du système dopaminergique, n’affecte pas l’effet antiparkinsonien de la L-DOPA mais empêche les effets indésirables de la L-DOPA au long cours, notamment les dyskinésies. 

Ces résultats de recherche préclinique sont confrontés à la recherche clinique, qui est menée par les docteurs Stéphane Thobois et Emmanuel Broussolle au sein de la même équipe. Cette transversalité d’approches est essentielle à la compréhension de toute pathologie neuropsychiatrique. 

C’est la raison pour laquelle la Fondation Neurodis soutient les travaux de cette équipe en mettant à leur disposition les moyens de poursuivre leurs investigations et ce grâce à l’apport d’un généreux donateur sensibilisé à cette pathologie très répandue.



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