Chaire CIC : le Dr Magrané collabore 6 mois à l’Institut NeuroMyoGene !

Publié le : 09.03.2022

Comprendre l’implication de la dynamique mitochondriale dans l’Ataxie de Friedreich : c’est l’objectif que s’est donné le Docteur Jordi Magrané, biologiste cellulaire, arrivé en février à Lyon grâce au soutien de la Fondation Neurodis.

Professeur à l’Institut de Recherche sur le Cerveau à la Weill Cornell Medicine à New York, le Pr Magrané consacre la majeure partie de son temps à la recherche sur le système nerveux, dans le but de tester de nouvelles approches thérapeutiques et d’identifier les mécanismes pouvant être altérés par les différentes ataxies et maladies neuromusculaires. C’est après avoir étudié les fondements de la maladie d’Alzheimer ou encore de la Sclérose Latérale Amyothropique (SLA), que le Docteur Magrané s’est intéressé au rôle des mitochondries impliquées dans les mécanismes de la neurodégénéréscence.

Soutenu depuis février 2022 par la Fondation Neurodis dans le cadre de la Chaire CIC, il collabore actuellement avec le Dr. Hélène Puccio au sein de l’Institut NeuroMyoGene, afin d’apporter son expertise sur l’imagerie mitochondriale, et ainsi mieux comprendre les mécanismes impliqués dans les maladies neurodégénératives telles que l’Ataxie de Friedreich. Il séjourne à Lyon jusqu’au mois de juillet 2022 grâce au financement de Neurodis.

L’Ataxie de Friedrieich est une affection génétique et évolutive, provoquée par l’atteinte des cellules du système nerveux. Si elle compte aujourd’hui 1 300 malades en France, elle déclenche de nombreux problèmes tels que des troubles de l’équilibre et de la coordination des mouvements. Apparaissant généralement vers l’âge de 9–14 ans, son évolution et ses symptômes varient d’un patient à l’autre. Toutefois, une incapacité à marcher survient généralement 10 à 20 ans après les premiers symptômes. Aucun traitement n’existe à ce jour.

Le but de ce séjour ? Comprendre les éléments déclencheurs de la pathologie, et plus largement corriger de manière précoce les anomalies pouvant conduire à la maladie, et ainsi prévenir de nombreuses maladies pédiatriques.

Le Dr Magrané répond à nos questions !

Comment est constituée votre équipe ?

Par le passé, mon équipe a été constituée à fois de doctorants boursiers qui voulaient approfondir leurs connaissances en biologie cellulaire et en microscopie, et de techniciens voulant acquérir plus d’expérience dans la recherche avant de rentrer en école de médecine. Certains d’entre eux étaient aussi des étudiants voulant s’impliquer dans un projet de recherche. À mes yeux, il est important de transmettre mes connaissances scientifiques à des personnes enthousiastes, et d’intégrer de nouveaux membres dans mon équipe !

Pouvez-vous décrire une journée type ?

Mes journées de recherche ont bien évolué au fil des années. Mon rôle actuel de chef d’équipe me fait travailler la plupart du temps à mon bureau, où je rédige des propositions de recherche. Je coordonne également des projets avec nos collaborateurs, et reste en alerte sur les nouveaux articles de recherche scientifique. Je rédige mes comptes-rendus de recherches à partir des données que je reçois. De plus, j’ai la chance de pouvoir passer du temps dans les laboratoires, que ce soit pour préparer des expériences ou observer au microscope : c’est une partie de mon travail que j’affectionne particulièrement.

Comment ces recherches peuvent-elles améliorer les soins aujourd’hui, ou dans un avenir plus lointain ? Comment peuvent-elles faire avancer la connaissance sur le cerveau ?

Mon travail consiste principalement en de la recherche fondamentale, ce qui signifie qu’elle apporte des connaissances directes sur le cerveau et le système nerveux. Même si cela n’aura peut-être pas d’impact direct sur les soins, elles pourront aider d’autres chercheurs à trouver des traitements. Grâce à mes recherches, nous développons des modèles permettant de tester de nouvelles approches thérapeutiques, et nous identifions des mécanismes pouvant être altérés non seulement dans l’ataxie de Frierieich, mais aussi dans d’autres ataxies et maladies neuromusculaires.

Quel est votre rêve, que souhaitez-vous découvrir ?

Je voudrais comprendre ce qui déclenche l’ataxie de Friedrieich. En parallèle, je voudrais corriger les anomalies liées à la maladie avant qu’elle apparaisse, et ainsi prévenir de nombreuses maladies pédiatriques.