Quand « entendre » devient douloureux

test légende

-DOULEURS AUDITIVES-

Les troubles de l'audition sont nombreux et perturbent notre quotidien. En France, la surdité concerne plusieurs millions de personnes qui sont atteintes à des degrés divers : surdité grave de naissance ou surdité légère due au vieillissement; mais les acouphènes, ou l'hypersensibilité perturbent également lourdement la vie quotidienne.

     

Responsable du projet :

NomGiraudet

PrénomFabrice

carte de la france

Nos objectifs :

L’audition nous permet d’interagir avec l’environnement et nos proches. Le bruit a des conséquences bien connues allant de la simple fatigue auditive à une atteinte irréversible. La fragilité de cette modalité sensorielle peut conduire à une hypersensibilité. Les sons d’intensité modérée sont alors perçus comme exagérément forts, agressifs, insupportables pouvant se traduire par un inconfort voire par des douleurs auditives.

 

De récents travaux ont révélé qu’un traumatisme acoustique induisait de façon insoupçonnée (car sans modification des seuils auditifs) une dégénérescence de fibres nerveuses auditives, d’où la nouvelle terminologie de « surdité cachée ». L’absence de test révélant cette altération neurale conduit à un diagnostic et une prise en charge inadaptée voire inexistante. Il est donc indispensable de développer de nouveaux outils objectifs non-invasifs d’évaluation des patients souffrant d’hypersensibilité.

 

200€ / 23 000€

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Ce projet s’inscrit dans la continuité des travaux actuellement menés au sein de mon équipe de recherche. Nous venons récemment de publier un article de validation d’une nouvelle méthodologie innovante d’exploration fonctionnelle sur un modèle murin présentant une déficience auditive subtile -suite à un traumatisme acoustique- nommée « surdité cachée ».

Il est nécessaire de normaliser et de valider notre nouvelle procédure auprès de sujets volontaires normo-entendants (20 sujets, âgés entre 18 et 25 ans).

Les étapes du projet :

  • Calibration, validation des nouveaux matériels hautes fréquences (tympanométrie et otoémissions acoustiques) (3 à 6 mois),
  • Détermination du montage électrophysiologique optimum & calibration des stimulations acoustiques (6 mois),
  • Normalisation de la nouvelle procédure de recueil électrophysiologique (6 à 9 mois).

Equipe – laboratoire : UMR INSERM 1107 – Neurodol – Faculté de Médecine – Université Clermont Auvergne

Ville : Clermont-Ferand

Durée du projet : 2 ans

Montant demandé : 23 000 €

Que va financer le soutien demandé ?

-gratification de stage Master 2,

-indemnisation des volontaires,

-mise à niveau du tympanomètre pour les explorations «hautes fréquences»,

-appareil d’otoémissions en produits de distorsion «hautes fréquences»,

-consommables exploration (électrodes, porte-embouts, embouts usages uniques, pâtes conductrice),

-frais congrès et mise en œuvre.

 

 

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Le bonus : l'interview de Fabrice Giraudet !

1. Quel a été votre parcours avant d’arriver au sein de votre équipe de recherche actuelle ?

J’ai très rapidement développé un attrait pour les Neurosciences. C’est pour cette raison que j’ai effectué mes études universitaires à Marseille où j’ai obtenu mon Doctorat. Il y a près de 16 ans, dès mon arrivée au Laboratoire de Biophysique Neurosensorielle (Faculté de Médecine de Clermont Fd), je n’ai cessé de développer mes compétences en audiologique clinique. J’ai même obtenu (en parallèle et en un an) le diplôme d’Audiologiste à Bruxelles. Depuis 2013, je suis Enseignant-Chercheur en Biophysique Médicale à l’UFR de Médecine et des Professions Paramédicales de l’Université Clermont Auvergne. J’ai enfin obtenu mon HDR (Habilitation à Diriger les Recherches) en 2015. Aujourd’hui, je suis responsable de la plateforme intitulée AUDiologie Appliquée Clinique et Expérimentale (“Audace”).

2. Qu’est-ce qui vous plaît dans votre travail ?

« Echanger ». Echanger avec mes collègues, les patients, également et surtout avec mes étudiants. En effet, mon activité de recherche nourrit au quotidien mes enseignements. Ce n’est plus alors un simple échange, c’est sans doute plus fort : transmettre.

3. Comment ce projet de recherche a-t-il vu le jour ?

Sans doute comme pour mes collègues, c’est une histoire un peu longue. Mes projets de recherche sont initiés par une question clinique. Ils débutent toujours par des constats, des échanges avec les patients. Aujourd’hui, il nous faut inventer de nouveaux tests audiologiques et électrophysiologiques plus pertinents. L’audiogramme, par exemple, qui est le test de référence (détermination des plus faibles niveaux sonores perçus), ne permet pas de caractériser certaines plaintes des patients comme des troubles de compréhension de la parole dans des situations complexes ou des troubles d’hypersensibilité auditive (souvent nommés hyperacousie). Ces problèmes auditifs sont plus complexes qu’une « simple surdité », car sans perte auditive associée, ils « passent inaperçus » au bilan audiologique conventionnel. Des atteintes subtiles des fibres nerveuses sont à l’origine de ces troubles auditifs particuliers.

4. Quel est selon vous son aspect le plus attrayant ou novateur pour la santé ?

Nos travaux de recherche sont basés sur la caractérisation des mécanismes pathologiques au niveau cellulaire de nouvelles formes de déficience auditive. Cette approche expérimentale (recherche translationnelle inverse) nous permet ainsi, et très rapidement, de développer et de valider de nouvelles procédures d’exploration fonctionnelle auprès de patients, avec toujours en arrière-plan, cette volonté de tests simples rapides et non-invasifs.

5. Quel est votre meilleur souvenir de chercheur ?

Il y en a plusieurs. J’aimerais vous en citer deux.

Tout d’abord, le jour où ma fille Pauline, alors âgée de 7ans, me demanda en rentrant de l’école si je savais qui était Louis Pasteur (elle venait d’avoir une leçon par sa maîtresse au sujet du nom donné à son école et donc sur LE personnage). En me rapportant ses nouvelles connaissances, elle se rendit compte que…. son papa aussi….était un chercheur…..(mais avec un petit « c » au regard de Pasteur). 

Parmi mes meilleurs souvenirs de chercheur, je citerais également : lorsque je vois naître cette petite « lueur » dans les yeux de mes étudiants qui viennent -très fièrement- m’exposer leurs tous derniers résultats obtenus ou lorsqu’ils se rendent compte de la portée de leur recherche pour les patients.