Stimuler le cerveau pour traiter les douleurs rebelles !

La douleur est un enjeu de santé et de société majeur qui affecte des millions de Français et qui est difficile à traiter quand elle devient chronique.

Les douleurs neuropathiques sont une des formes les plus invalidantes de douleur chronique souvent réfractaire aux traitements, et dont les causes sont multiples. Elles résultent d’une lésion ou d’une maladie affectant le système nerveux le plus souvent dû à une atteinte des nerfs périphériques (nerfs coupés ou arrachés, neuropathies diabétiques…), de la moelle épinière ou du cerveau (traumatisme médullaire, AVC, sclérose en plaque…). Ces douleurs peuvent se déclencher sans raison physique apparente et provoquer une sensations désagréable intense décrite comme une brûlure, des fourmillements, un coup de poignard ou une décharge électrique. Il arrive aussi que certaines personnes ressentent de fortes douleurs à la suite d’une stimulation normalement indolore, comme un simple effleurement ou une douche. On parle alors d’allodynie.      

Responsable du projet :

NomFauchon

PrénomCamille

carte de la france

Nos objectifs :

Quelles solutions pour soulager la douleur lorsque les traitements médicamenteux sont sans effet ?

La stimulation du cortex cérébral via des impulsions magnétiques (rTMS) est une technique utilisée par notre équipe pour soulager la douleur chez les patients atteints de douleur neuropathiques rebelles Bien que l’efficacité de la rTMS ait été démontrée et que son utilisation se soit répandue ces dernières années, plusieurs questions demeurent quant à son mode d’action, les moyens pour renforcer son effet antidouleur, et l’identification des patients les plus susceptibles à obtenir un soulagement.

Les objectifs de ce projet concernent le traitement des patients avec des douleurs neuropathiques.

Nous avons développé une procédure rTMS* à haute-fréquence (20hz) du cortex moteur adaptée à la routine clinique et validée dans une étude récente. Ce qui distingue les répondeurs et les non-répondeurs à la neuromodulation par rTMS n’est pas connu, mais dépend probablement de l’état fonctionnelle du cerveau des patients, qui est altéré dans la douleur neuropathique. Des travaux proposent également que des taches motrices en réalité virtuelle pourraient avoir un effet cumulatif avec la rTMS. Nous voulons donc :

  • Comprendre les mécanismes cérébraux qui permettent l’effet analgésique (antidouleur) de la rTMS,
  • Renforcer son effet en ajoutant une tâche motrice en réalité virtuelle, pour ‘pré-activer’ le cerveau des patients avant rTMS,
  • Développer des outils de prédiction de la réponse des patients à la rTMS basés sur l’intégrité du réseau cérébral, évaluée en IRM fonctionnel.

Les enjeux ?

Ce projet devrait permettre de développer une approche permettant de sélectionner en amont les patients les plus probables de répondre à la rTMS ; mais aussi d’améliorer la technique, en évaluant le bénéfice d’ajouter une tâche en réalité virtuelle ; et de développer des traitements de neurostimulation personnalisés pour les personnes souffrant de douleur chronique neuropathique.

 

Qu’est ce que la rTMS ? La stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS) est une technique permettant grâce à une bobine appliquée sur la tête du patient de délivrer des impulsions magnétiques qui vont stimuler les neurones sous-jacents. Cette technique est considérée comme non-invasive avec peu d’effets secondaires reportés.”

 

 

100€ / 23 000€

Merci !

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Les étapes du projet :

  • Recrutement et inclusion (2021). Le recrutement des patients dans l’étude se fera via les deux centres où l’équipe coordonne les rTMS, au CHU de l’Hôpital Nord de Saint-Etienne (Dr. R. Peyron) et à l’Hôpital Neurologique Pierre Wertheimer de Bron (Pr. L. Garcia-Larrea). La tâche en réalité virtuelle a été développé par le Dr. C. Quesada.
  • Acquisition des données : Le protocole rTMS avec réalité virtuelle et IRM s’étendra sur une durée de 3 mois par patient.
  • Traitement et analyse des données : Les résultats d’imagerie, et les scores de douleur avant et après stimulations par rTMS seront comparés en considérant si le participant a été répondeur ou non au traitement.
  • Valorisation et communication des résultats sous la forme de publications dans des journaux internationaux et sur des plateformes de vulgarisation scientifique ; Présentation dans les congrès douleur et neurosciences.

Equipe – laboratoire : Equipe d’intégration centrale de la douleur chez l’Homme (NeuroPain) – Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon – Inserm U1028 – CNRS UMR 5292 – UJM, UCBL

Ville : Saint-Etienne et Lyon

Durée du projet : Trois ans

Montant demandé : 23 000 €

Que va financer le soutien demandé ? Ce financement va servir à couvrir le coût matériel et consommables associés à la rTMS et au casque de réalité virtuelle ; le coût des IRM qui seront réalisés aux patients avant et après rTMS; et une gratification de stage pour un étudiant en Master 2.

 

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Le bonus : l'interview de Camille Fauchon !

1. Quel a été votre parcours avant d’arriver au sein de votre équipe de recherche actuelle ?

J’ai réalisé mon doctorat en neurosciences au sein de l’équipe d’intégration centrale de la douleur chez l’Homme (ICD-NeuroPain) à Saint-Etienne sous la direction du Pr. Roland Peyron et du Pr. Luis Garcia-Larrea. Je me suis notamment intéressé au cours de ma thèse à comment l’empathie dans le milieu médical peut moduler la perception douloureuse. J’ai aussi participé à des protocoles de recherche pour développer et tester l’efficacité de la rTMS chez les patients souffrant de douleur chronique.

J’ai ensuite embarqué pour mon post-doctorat de 3 ans dans le laboratoire du Dr. Karen Davis (Krembil Brain Institute – Toronto, Canada), neuroscientifique spécialiste de la neurophysiologie et imagerie de la douleur. Cette expérience m’a permis de me former à des techniques récentes et aux concepts développés dans son laboratoire sur la douleur chronique.

J’ai enfin réintégré l’équipe NeuroPain au CRNL (Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon) avec le présent projet de recherche qui s’insère dans la continuité de mes précédents travaux visant à étudier le mécanisme cérébral à l’origine de la douleur et de sa modulation.

2. Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre travail ?

J’aime œuvrer à faire progresser la recherche fondamentale et contribuer ainsi au développement des connaissances et aux améliorations thérapeutiques dans le domaine de la douleur. C’est enrichissant de pouvoir travailler à la fois dans les communautés scientifique et médicale, c’est d’autant plus satisfaisant lorsque l’on est en contact avec les patients et que l’on bénéficie de leur retour.

Enfin un autre aspect que j’apprécie dans mon travail est de pouvoir apprendre en permanence dans une atmosphère collaborative, explorer de nouvelles pistes et d’adapter nos recherches avec les techniques les plus récentes.

3. Comment ce projet de recherche a-t-il vu le jour ?

L’équipe NeuroPain s’est beaucoup impliquée ces dernières années à développer l’utilisation de la rTMS dans le traitement des douleurs chroniques neuropathiques (i.e., + 1000 rTMS délivrées sur 6 ans sans effets secondaires). Elle possède des systèmes de pointe pour délivrer les stimulations, tel qu’un bras robotisé et la neuronavigation. Les résultats de ses recherches ont permis d’établir des protocoles adaptés à la routine clinique et d’offrir une nouvelle solution aux patients ayant peu de bénéfices avec les traitements classiques. Ce projet s’inscrit donc dans la continuité des travaux de l’équipe et du porteur de projet de projet en neuroimagerie de la douleur. Il répond à des questions actuelles, les perspectives de ce projet étant de développer des traitements de stimulation personnalisés et adaptés à la douleur de chaque patient

4. Quel est selon vous son aspect le plus attrayant ou novateur pour la santé ?

Caractériser l’état fonctionnel du système cérébral avant rTMS permettra d’identifier les patients les plus probables de répondre au traitement. Ces résultats offriront un cadre pour renforcer le développement de traitements de stimulation personnalisés, où la cible et/ou protocole pourraient être choisis en fonction de l’état dynamique des réseaux cérébraux du patient. Ce projet est donc porteur de potentiels résultats de rupture pour le traitement des douleurs chroniques réfractaires en clinique.

5. Quel est votre meilleur souvenir de chercheur ?

Il y a eu de nombreux moments agréables dans mon parcours, et il est difficile d’en choisir un en particulier. Je me souviens, par exemple, à quel point il avait été formidable pour moi de réaliser mes premières imageries cérébrales et pouvoir enfin apprécier de manière tangible ce qui se passe dans notre cerveau humain. Il y a aussi de bons souvenirs associés aux échanges avec mes collègues et mentors lors de projets collaboratifs qui se sont concrétisés par un prix de recherche et/ou des publications dans de bons journaux scientifiques.