Une prise de sang pour diagnostiquer les neuropathies ?

Une neuropathie est un terme médical caractérisant, au sens large, l’ensemble des affections essentiellement du système nerveux périphérique, c'est-à-dire des nerfs moteurs et sensitifs, des membres, des nerfs du système nerveux autonome qui commandent les organes ainsi que plus rarement du système nerveux central.

Les neuropathies périphériques comprennent les mononévrites, les multinévrites, les polynévrites, les polyradiculonévrites chroniques et les maladies de Charcot-Marie-Tooth.

Responsable du projet :

NomMoritz

PrénomChristian

carte de la france

Nos objectifs :

Bien que rares, les neuropathies périphériques inflammatoires (polyradiculonévrites chroniques, ganglionopathies sensitives) affectant le neurone ou la gaine de myéline touchent plusieurs milliers de patients en France et sont responsables d’un handicap chronique sévère.

Leur diagnostic est difficile car les critères utilisés ne permettent pas toujours de les distinguer de maladies similaires du système nerveux périphériques relevant d’autres causes : métaboliques, toxiques, génériques ou dégénératives.  Enfin, une relative méconnaissance de leurs mécanismes limite le développement de nouveaux traitements.

La piste envisagée !

Nous utiliserons une approche novatrice testant le sérum sanguin de patients sur des puces contenant 75% des protéines humaines connues pour identifier celles (plusieurs centaines) reconnues par les anticorps des patients. Cette approche conduira à identifier des biomarqueurs spécifiques pour le diagnostic de ces maladies. L’analyse globale des protéines reconnues identifiera les profils de réponse immunitaire différents susceptibles de conduire à des approches thérapeutiques adaptées au profil des patients.

Notre objectif est de pouvoir, avec une simple prise de sang, reconnaître les neuropathies périphériques !

 

20 150€ / 23 000€

Merci !

Les étapes du projet:

  • Caractériser le répertoire des autoantigènes
  • Validation en ELISA des candidats biomarqueurs
  • Comparer les profils d’antigènes selon la réponse aux traitement IgIV

Equipes – laboratoires :

  • Synaptopathies et Autoanticorps, Institut NeuroMyoGène,
  • Centre de Référence Maladies Neuromusculaires Rares. Service de Neurologie, CHU de Saint-Étienne
  • European Reference Center for Rare Neuromusuclar Disease (ERN network)

Ville : Saint-Étienne

Durée : 2 ans

Montant demandé : 23 000€

Que va financer le soutien demandé ?

  • Micro-puces à protéines humaines (HuProt)
  • Frais de déplacement et d’hébergement du porteur du Projet pendant 2 semaines à Cambridge, Royaume-Uni, pour l’analyse HuProt
  • Protéines recombinantes pour la validation en ELISA
  • Consommables pour ELISA

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Le bonus : l'interview de Christian Moritz !

1. Quel a été votre parcours avant d’arriver au sein de votre équipe de recherche actuelle ? 

J’ai étudié la biologie à l’Université de Kaiserslautern dans mon pays d’origine, l’Allemagne de 2003 à 2008, où j’ai également effectué mon doctorat de 2008 à 2012 en spécifiant dans le domaine des neurosciences. Après une première phase postdoctorale dans la même université, j’ai franchi deux pas en avant importantes : un pas de la recherche fondamentale neuroscientifique à la recherche translationnelle médicalement pertinente, et un deuxième pas de l’Allemagne à la France. En 2015, j’ai rejoint mon groupe actuel à Saint-Étienne, et je suis Stéphanois depuis plus de 5 ans. 

2. Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre travail ? 

Il me plait beaucoup de choses, mais ce qui me vient en premier, c’est la liberté de mon travail. Parfois, je compare mon travail d’un scientifique à celui d’un artiste. Les deux doivent être diligents pour réussir, mais aussi créatifs, libres d’esprit et indépendants. La différence entre eux est que la recherche est beaucoup plus coûteuse que l’art et que les artistes sont souvent des individualistes, alors que les scientifiques ne peuvent réussir qu’en équipe. Il me plait d’aborder de nouvelles idées scientifiques avec mon équipe et j’aime la liberté et la confiance accordées par les responsables de mon groupe de recherche. 

3. Comment ce projet de recherche a-t-il vu le jour ? 

Les responsables du groupe, les neurologues, ont discuté avec moi des cas de certains patients atteints de neuropathies périphériques soupçonnés d’avoir des auto-anticorps dans le sang qui pourraient jouer un rôle dans leur maladie. Malheureusement, tous les autoanticorps connus étaient absents. Donc, ils ont probablement un ou plusieurs auto-anticorps inconnus. Nous devions fouiller une « aiguille dans une botte de foin ». Nous avons effectué cette recherche par une technique relativement nouvelle en cherchant systématiquement dans une «botte de foin» de 16 000 anticorps-cibles possibles. Résultat intéressant : nous avons trouvé des centaines d’aiguilles. D’autres groupes ont tendance à choisir la meilleure «aiguille». Nous avons fait de même, mais en plus, nous avons testé l’idée que tout le «répertoire des aiguilles» pourrait nous dire quelque chose sur les patients. Par conséquent, nous avons commencé une approche holistique bio-informatique et avons trouvé des résultats préliminaires très intéressants, qui doivent être testés dans le projet soumis. 

4. Quel est selon vous son aspect le plus attrayant ou novateur pour la santé ? 

L’aspect le plus novateur et attrayant est qu’aucun groupe au monde n’a jamais essayé cette approche holistique pour les patients atteints de neuropathie. Il existe actuellement des premiers exemples d’approches similaires pour des maladies comme le lupus, mais aussi très récemment pour le covid-19, avec des résultats très prometteurs. Nos résultats préliminaires pour les neuropathies périphériques montrent que ces analyses systémiques des répertoires d’auto-anticorps enroulés peuvent identifier des sous-groupes de patients, trouver de nouvelles cibles potentiellement utiles pour le diagnostic et peut-être même prédire la réponse au traitement. 

5. Quel est votre meilleur souvenir de chercheur ? 

Ce sont tous les moments où j’ai réalisé que nos recherches ont un impact positif sur les autres : 

-Une fois après ma conférence en Autriche, un scientifique est venu me voir, m’a dit qu’il souffrait lui-même de la maladie neuropathique rare sur laquelle je me concentrais, et il a dit: « Chapeau ! Voulez-vous mon échantillon de sang? » 

-Récemment, j’ai découvert que mon idée d’améliorer une méthode analytique a été appliquée par des groupes internationaux pour la sérologie Covid-19. Ils ont utilisé et cité nos recherches. 

-Nous avons reçu des prix et des subventions internationaux, parce que les gens croient en nos projets. 

Tous ces moments ont été formidables !