Bourse de mobilité : les témoignages des lauréats

Publié le : 09.01.2026

Février 2026

La mobilité scientifique, un tournant dans les parcours scientifiques !

En juin 2025, huit lauréats ont été sélectionnés sur le programme de bourse de mobilité. Leurs séjours s’échelonnent dès le mois d’aout 2025 pour des durées qui varient de un à douze mois. Les profils soutenus incluent des doctorants, postdoctorants, cliniciens et chercheurs titulaires issus des quatre pôles de recherche de la région AURA : Lyon (4 lauréats), Clermont-Ferrand (2 lauréats), Saint-Etienne (1 lauréat) et Grenoble (1 lauréat).

La mobilité est essentielle pour se former à de nouvelles techniques ou renforcer des collaborations internationales et la Fondation Neurodis est fière de pouvoir contribuer aux liens internationaux entre les laboratoires de recherche au bénéfice de meilleures connaissances. Découvrez grâce aux témoignages des lauréats comment un séjour scientifique bouleverse une carrière et enrichit les savoirs régionaux en neurosciences !

 

 

Sandrine Mongellaz : "Cette mobilité m’a permis d’apprendre un nouveau protocole expérimental."

Sandrine Mongellaz, doctorante au PGNMG à Lyon, étudie l’impact des lésions cérébrales précoces sur le développement des neurones glutamatergiques. Elle est partie un  mois en Allemagne pour collaborer avec le Max Planck Institute en Allemagne et acquérir une méthodologie essentielle à ses travaux de recherche : la purification des mitochondries dans le modèle MitoTag.

Quelles différences avez-vous observées dans les méthodes de travail et la culture de recherche entre la France et l'Allemagne, et qu'est-ce qui vous a le plus marquée ?

Concernant les différences de méthodes de travail et de culture entre la France et l’Allemagne, je dirais qu’une grande partie ne dépayse pas tant que cela. En effet, dans les laboratoires de recherche, il existe généralement de nombreuses nationalités au sein des équipes, ce qui apporte une mixité de pensées et de cultures très appréciable, déjà présente aussi en France. Je dirais que les principales différences concernent davantage le matériel utilisé, notamment le recours à des marques ou à des équipements différents, ce qui peut donner de nouvelles idées. Plus généralement, il est intéressant d’observer comment le fonctionnement global d’un institut, des équipes de recherche et des PI (principal investigators) peut varier d’un pays à l’autre.

Avez-vous pu établir des collaborations durables avec votre laboratoire d'accueil, et comment envisagez-vous de maintenir ces liens pour vos projets futurs ?

Cette mobilité a été l’occasion de pouvoir discuter science avec les membres de mon laboratoire d’accueil ainsi qu’avec ceux des laboratoires voisins. Cela permet de se rendre compte des différences entre nos projets et d’approfondir l’apprentissage et le questionnement sur des sujets qui ne font pas partie de notre quotidien, mais que l’on connaît parfois seulement de nom. Cela permet également d’identifier des liens possibles pouvant mener à de futures collaborations. De plus, cela m’a permis de faire connaître mon sujet et les travaux de mon équipe. Les liens entre mon laboratoire et mon laboratoire d’accueil sont déjà établis depuis plusieurs années grâce à des projets similaires et à l’entente entre nos PI, et ils ont été renforcés par cet échange, que nous espérons être le premier de nombreux autres.

Quelles compétences ou perspectives nouvelles cette mobilité vous a-t-elle apportées, tant sur le plan scientifique que personnel ?

Cette mobilité m’a permis d’apprendre un nouveau protocole expérimental, très utile pour la poursuite de mon projet de thèse. Elle m’a également permis d’échanger avec d’autres doctorants, de découvrir leurs projets, mais aussi des idées et des pistes qui pourraient être intéressantes à mettre en parallèle avec nos travaux au laboratoire et ouvrir la voie à d’autres collaborations. Par ailleurs, cette expérience m’a permis de renforcer ma communication scientifique en anglais, de rencontrer de nombreuses nationalités et donc différentes façons de penser, ainsi que de participer à des séminaires en lien avec mon sujet de recherche.

Avez-vous toujours rêvé de devenir chercheuse ?

J’ai apprécié les sciences très tôt au cours de mes études, avec un attrait plus prononcé pour la biologie au fil des années. J’ai poursuivi mes études dans ce domaine par envie d’en apprendre davantage. Les stages réalisés dès la licence m’ont permis de découvrir le monde du laboratoire de recherche, qui m’a énormément plu et m’a motivée à continuer dans cette voie.

Do Le Duy : "Cette immersion m’a donné une vision plus large de la recherche internationale."

Chercheur titulaire au centre de référence SNPEA à Lyon, Do Le Duy est parti un mois aux Etats-Unis (Yale School of Medicine) afin d’appliquer une technologie innovante, PhIP-Seq, pour identifier de nouveaux biomarqueurs des maladies neurologiques auto-immunes rares telles que les syndromes neurologiques paranéoplasiques (PNS) et les encéphalites auto-immunes (AE). Il nous raconte son expérience.

Méthodes de travail et culture scientifique

La recherche aux États-Unis se distingue par un haut niveau de compétitivité, porté par des moyens financiers et technologiques considérables. Les infrastructures, remarquables tant par leur modernité que par leur diversité, favorisent une avancée rapide des projets. Cette compétition permanente s’accompagne paradoxalement d’un esprit fortement entrepreneurial et collaboratif : les chercheurs sont encouragés à innover, à échanger et à monter des projets communs.
Un aspect particulièrement notable est l’importance accordée à l’intégration des nouveaux arrivants. Chaque semaine, une séance de 2h leur est dédiée afin qu’ils puissent se présenter : origines, parcours, projets, mais aussi centres d’intérêt personnels. Cette démarche crée un climat d’ouverture, facilite la création de liens et stimule l’émergence d’idées nouvelles. L’accès libre à l’ensemble des bibliothèques universitaires, riches d’une collection immense d’ouvrages, ainsi qu’aux musées abritant des pièces uniques, contribue également à un environnement intellectuel très favorable à la réflexion et à la créativité.

Apports scientifiques et techniques

Au sein du laboratoire d’accueil, j’ai bénéficié d’un accompagnement particulièrement transparent et généreux. L’équipe m’a transmis l’intégralité des aspects techniques de la méthode PhIP-Seq. J’ai pu réaliser moi-même les manipulations expérimentales, m’exercer aux différentes étapes de la technique et participer activement aux discussions internes sur les projets en cours.
Le laboratoire prépare actuellement l’envoi des matériaux et réactifs nécessaires pour que je puisse mettre en place la technologie dans mon laboratoire d’origine. Nous avons également commencé à structurer de nouvelles collaborations basées sur l’échange d’échantillons, le partage des résultats et le développement de projets communs.

Dimension humaine et collaboration

Sur le plan humain, l’accueil a été particulièrement chaleureux. Les membres du laboratoire se sont montrés ouverts, disponibles et très impliqués dans mon intégration. J’ai pu échanger librement avec eux, partager mes retours et proposer des conseils scientifiques qui ont été bien reçus. La possibilité de contribuer activement au travail d’un laboratoire de très haut niveau et d’y être considéré comme un interlocuteur scientifique à part entière a été particulièrement valorisante. Ces interactions ont renforcé nos liens et posent les bases d’une collaboration durable.

Quel bilan vous faites du séjour ?

•  Ce séjour a été déterminant à plusieurs niveaux. Sur le plan scientifique, il m’a permis d’acquérir une expertise rare sur la technologie PhIP-Seq, une méthode de criblage à haut débit encore très peu implantée en France. J’ai pu réaliser moi-même toutes les étapes expérimentales, participer aux discussions stratégiques du laboratoire et comprendre comment cette approche peut transformer l’identification de nouveaux autoanticorps dans les encéphalites auto-immunes et les syndromes neurologiques paranéoplasiques.
•  Sur le plan humain et culturel, cette expérience a été tout aussi marquante. J’ai découvert un environnement extrêmement stimulant, caractérisé par des infrastructures impressionnantes, une forte culture de collaboration, mais aussi une compétitivité qui pousse à l’excellence. L’accueil très chaleureux et l’ouverture des chercheurs m’ont permis de m’intégrer rapidement, d’échanger librement et de nouer des liens solides. Cette immersion m’a donné une vision plus large de la recherche internationale et a renforcé ma confiance dans ma capacité à contribuer à des projets ambitieux.
•  Enfin, cette expérience a eu un impact concret sur mon parcours : je suis aujourd’hui en train d’implanter la technique dans mon laboratoire d’origine et de structurer de nouvelles collaborations scientifiques avec l’équipe de Yale. Elle représente pour moi un véritable tournant, à la fois comme scientifique et comme membre d’une communauté de recherche internationale.

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